Noor
INAYAT KHAN
Noor n’avait pas le profil d’une espionne. C’est pourtant ce qu’elle devient, une opératrice radio infiltrée en France. Avec une volonté de fer et un courage indomptable, elle est considérée par la Gestapo comme une ennemie des plus dangereuses, de part sa participation active, au prix de sa vie, à la Libération de la France en 1944.
Plusieurs livres et films retracent son histoire.
Une femme cultivée et sensible
Noor-un-Nisa, comme ses trois frères et sa sœur, est scolarisée à Suresnes et poursuit des études de psychologie de l’enfant à la Sorbonne. Écrivaine, poète et musicienne, elle étudie la harpe avec Nadia Boulanger, son professeur à l’École Normale de musique de Paris.
Conteuse, elle écrit un recueil de contes, les Jakata Tales, inspirés des légendes des vies antérieures du Bouddha, qui est publié en 1939 par G. Harrap à Londres. Radio-Paris lui demande d’écrire des contes pour enfants. Ses histoires sont également publiées dans Le Figaro du Dimanche, et elle lance un journal pour les jeunes, « Le bel âge ». Elle a également écrit une pièce de théâtre, Aede de l’Océan et de la Terre, une interprétation de l’Iliade et de l’Odyssée.
Son œuvre reprend le thème du parcours initiatique, célébrant le dévouement, l’amour et le sacrifice.

L'Espionne
En 1940, alors que l’armée allemande est prête à entrer dans Paris, Ameena Begum, Noor-un-Nisa, Vilayat et Khair-un-Nisa se rendent en Angleterre pour participer à l’effort de guerre. Bien que soufis et adeptes de la non-violence, Noor et Vilayat prennent une décision cruciale qui changera leur vie.
Noor se porte volontaire pour la Women’s Auxiliary Air Force tandis que Vilayat s’engage dans la Royal Navy. Noor suit une formation d’opérateur radio puis est recrutée par le SOE en 1943. Le Special Operations Executive, créé par Winston Churchill, était un service secret britannique qui soutenait la résistance française. Bien que l’espérance de vie d’un opérateur radio à l’intérieur du front ennemi soit de six semaines, Noor accepte la mission sans hésiter, tout en refusant de porter une arme.
En juin 1943, sous le nom de code Madeleine, Noor est envoyé en France comme opérateur radio. Après l’effondrement du réseau Prosper qu’elle doit rejoindre, elle remplace seule les 6 opérateurs radio arrêtés par la Gestapo, restant le seul et dernier contact entre Londres et la Résistance. Pendant des semaines, elle continue, avec courage et ténacité, à transmettre chaque jour des messages, à aider les pilotes et les soldats alliés à s’échapper et à livrer des armes et de l’argent aux résistants français.
En septembre 1943, elle est trahie, capturée et emprisonnée. Après une période d’isolement et de torture, au cours de laquelle aucun de ses contacts n’a été révélé, elle est transférée à Dachau et fusillée en septembre 1944.
Selon le témoignage d’une prisonnière, son dernier mot fut « Liberté ».
Noor Inayat-Khan est décorée de la Croix de Guerre par la France et de la George Cross de l’Ordre de l’Empire britannique par le Royaume-Uni.
Une statue à son effigie fut inaugurée par la princesse Anne en novembre 2012 à Gordon Square, à Londres ; une place et une école portent son nom à Suresnes.

Partenariat avec la Mairie de Suresnes
Chaque année un hommage lui est rendu lors des commémorations du 8 mai
1997 – Plaque commémorative de Noor posée à Fazal Manzil,
2011 – Inauguration de la place Madeleine à Suresnes,
2013 – Exposition à la Médiathèque de Suresnes,
2013 – Ouverture de l’école Noor Inayat Khan – Madeleine à Suresnes,
2015 – Inauguration d’un buste dans l’école,
2015 – Un des contes Jakata joué à Fazal Manzil par les élèves de l’école,
2022 – Tournée de l’exposition 2013 dans les écoles de Suresnes,
2024 – Concert organisé à Fazal Manzil par le Conservatoire de Suresnes,
Historiquement la demeure étant privée et familiale, l’association L’Universel fut le lien privilégié avec la municipalité. Dans le nouveau contexte de Sufi Suresnes un partenariat et une globalisation se met en place, chaque partenaire peut être amené à relationner directement avec la ville, sachant qu’une coordination s’est mise en place entre les partenaires.
